Vers une baisse de l’impôt face à l’exaspération fiscale ?

320 : shutterstock_652614103.jpg

L’allègement de la charge fiscale est au cœur du Grand débat et Emmanuel Macron semble vouloir y répondre favorablement. Pour ce faire, il se lance dans la reconquête des classes moyennes en cherchant des solutions afin de réduire leur impôt sur le revenu.

« La meilleure méthode pour répondre au besoin de justice fiscale n’est pas d’augmenter les impôts de tels ou tels mais plutôt de baisser les impôts des classes moyennes. Je serai donc simple : pas de hausse d’impôts ; des baisses pour ceux qui travaillent en réduisant significativement l’impôt sur le revenu », aurait dû normalement annoncer le président de la République, le 15 avril dernier.

Concrètement, l'idée est d'adoucir l’entrée dans l’impôt en retardant le passage des contribuables dans une tranche supérieure. Pour y parvenir, plusieurs propositions sont avancées comme moduler les tranches d'imposition (c'est-à-dire augmenter les plafonds de bascule d'une tranche à l'autre) ou en créer de nouvelles. Cette deuxième proposition pourrait remporter les faveurs de l'exécutif.

A ce jour, le barème progressif de l’impôt indique cinq tranches avec des taux d’imposition associés :

• Tranche 1 : de 1 € à 9 964 € taux à 0 %, soit non imposé.
• Tranche 2 : de 9 965 € à 27 519 € taux à 14 %.
• Tranche 3 : de 27 520 € à 73 779 € taux à 30 %.
• Tranche 4 : 73 780 € à 156 244 € taux à 41 %.
• Tranche 5 : au-delà de 156 244 € taux à 45 %.

Si de nouvelles tranches venaient à s'intercaler entre les premières tranches avec des taux de 5 et 10 %, l'entrée dans l'impôt serait plus « douce ». Par exemple, au lieu d'être imposé à 14 % pour tous les revenus entre 9 965 € et 27 519 €, une partie de ces derniers serait imposée à 5 %, puis progressivement à 10 %. Conséquence ? Les classes moyennes, aujourd'hui imposées au prix fort, verraient leur impôt diminuer.

Sauf que cette mesure ne serait pas sans conséquence et pourrait coûter jusqu’à 5 milliards aux finances de l’Etat. Pour compenser ce manque à gagner, le gouvernement envisage de réduire les niches fiscales et les dépenses publiques. Réponse jeudi prochain… si tout va bien !


Conserver cet article :
Partager cet article :
Auteur : Clémence Dani
Clémence Dani est journaliste et titulaire d'un master en droit. Après des expériences en production TV et audiovisuelle, elle se spécialise dans la presse écrite. Elle intervient aujourd'hui sur des thématiques juridiques et économiques au sein des Editions Jean de Portal.

Articles liés :