3 contre-vérités sur le prélèvement à la source

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Entre idées fausses et imprécisions, voici 3 contre-vérités sur le prélèvement à la source.

1 L'impôt à la source est contemporain et tiendra compte des revenus que je gagne.

FAUX ! Certes, vous allez payer l'impôt au moment de la perception de vos salaires, pensions ou revenus d'indépendant. En ce sens, il est contemporain. Mais l'impôt ne tient pas compte des revenus gagnés au moment où ils sont encaissés. En effet, l'administration fiscale n'en a alors pas connaissance. Résultat : votre taux de prélèvement à la source est calculé en fonction des revenus gagnés dans le passé. Plus précisément, entre janvier et août 2019, votre taux sera établi sur la base des revenus perçus au cours de l'année 2017. Puis, entre septembre et décembre 2019, il sera « rafraîchi » et prendra en considération les revenus de l'année 2018.

Pour aller plus loin : Un impôt payé à la source ? Oui... avec deux ans de retard !

2 Le fisc connaît ma situation, je n'aurai plus à déclarer mes revenus.

FAUX ! Vous n'allez pas être dispensé de cette corvée. Le prélèvement à la source vous oblige toujours à remplir une déclaration d'impôt. Chaque année, vous devrez déclarer les revenus perçus l'année précédente. Peu importent vos revenus et votre situation personnelle, vous n'y échapperez pas. Ainsi, au printemps 2019, vous devrez déclarer les revenus touchés pendant l'année blanche. C'est d'ailleurs à partir de cette déclaration que le fisc calculera votre nouveau taux de prélèvement à la source qui s'appliquera à la rentrée 2019. Sachez que seuls les foyers non connectés à internet sont désormais dispensés de télédéclaration ; tous les autres doivent déclarer en ligne via leur espace personnel sur le site www.impots.gouv.fr.

Pour aller plus loin : La déclaration... la seule chose qui ne change pas !

3 Pendant l'année blanche, mes primes ne seront pas imposées.

FAUX ! Seules les primes prévues dans le contrat de travail ou versées habituellement sont concernées par l'année blanche : vous n'aurez pas d'impôt à payer sur ces primes perçues en 2018. C'est le cas généralement d'une prime de Noël ou de treizième mois. Néanmoins, le montant versé ne doit pas dépasser le montant indiqué au contrat. Ainsi, une prime de 10 000 €, alors que le contrat la plafonne à 5 000 €, sera considérée comme exceptionnelle. En revanche, les primes qui vont au-delà du contrat de travail ou n'y sont carrément pas stipulées ne sont pas exigibles au crédit d'impôt modernisation du recouvrement (CIMR). Ces dernières passeront par la case impôt.

Pour aller plus loin : Vous touchez des revenus exceptionnels en 2018 ? Ce sera à vous de l'indiquer au fisc !


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Auteur : Priscilla Reig
Priscilla Reig est journaliste, spécialisée en droit. Après avoir travaillé en radio et télé (à Radio France ou TVA Nouvelles au Canada), ainsi qu'en presse écrite (La Provence, L’Union), elle est aujourd’hui rédactrice en chef adjointe au sein des Editions Jean de Portal.

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